Le jumelage JOSSH
Contexte du jumelage
- Concept de jumelage-coopération
Simples jumelages ou jumelages-coopération, les jumelages reposent sur les mêmes valeurs fondamentales de la Charte de la Fédération Mondiale des Cités Unies (FMCU , 1957) : la préservation et le renforcement de la paix, le respect des droits de l’homme, l’amitié et la solidarité entre les peuples . Pour les jumelages-coopération s’y ajoute le fait de travailler ensemble à l’auto-développement de la collectivité défavorisée par la mise en œuvre d’une politique de coopération à partir d’une démarche élaborée conjointement. Mais le jumelage est avant tout une histoire d’amitié, de fraternité et de solidarité entre femmes et hommes de cultures différentes qui veulent se connaître, se comprendre, échanger au-delà des frontières pour agir ensemble.
Coopérer c’est lutter contre les cloisonnements rigides qu’imposent les frontières géographiques, le repli sur soi, l’intolérance et le racisme . Coopérer, c’est encourager et appuyer les efforts pour un développement durable et pérenniser les actions conduites localement .
Ne pas confondre « coopération » et « assistance »: la démarche de jumelage et de coopération doit dépasser la simple approche humanitaire. Il s’agit d’une rencontre sur une base égalitaire et d’ établir des relations de confiance dans le cadre d’un partenariat. Il s’agit de renforcer et de développer les compétences locales par le biais de formations et d’échanges d’expériences dans le domaine de la prise en charge des hémophiles par l’organisation de rencontres, de séminaires et de stages avec les services médicaux hospitaliers concernés.
- Qu’est-ce qu’un jumelage dans le domaine de l’hémophilie?
Selon la Fédération Mondiale de l’Hémophilie (World Federation of Haemophilia,WFH), seuls 20 % des hémophiles du monde entier, vivant dans les pays occidentaux, en Europe et en Amérique du Nord, bénéficient de façon optimale du traitement substitutif. Grâce à ce traitement, ils peuvent mener une vie sociale et professionnelle sans contrainte.
Mais les hémophiles du reste du monde, ne bénéficient pas de cette qualité de soins. Ils n'ont pas accès à des soins modernes, ne reçoivent pas de traitement effectif et doivent faire face à des situations handicapantes et une vie de souffrance et d'infirmité : capacités physiques amoindries, scolarité irrégulière et carrières professionnelles difficiles.
« Le traitement pour tous », est un des principaux objectifs de la F.M.H. qui encourage et soutient, depuis 1994/95, la création de partenariats entre les organisations et centres émergents de traitement de l’hémophilie, afin que le traitement substitutif et les soins adéquats soient dispensés au plus grand nombre possible d’hémophiles dans le monde.
Le jumelage, synonyme de "partenariat", est l'une des actions proposées par la F.M.H. qui soutient deux types de jumelage :
- le jumelage entre associations d'hémophiles qui vise à soutenir la création et le développement d’associations dans les pays émergents
- le jumelage entre centres de traitement de l'hémophilie à des fins médicales et paramédicales (formation, échange de connaissances et d'expériences) .
Cette action de la F.M.H. connaît beaucoup de succès puisqu’il existe actuellement 48 partenariats en place dans 55 pays, avec pour objectif l’amélioration des traitements et des soins offerts aux hémophiles.
De jeunes associations et équipes médicales dans les pays émergents sont ainsi soutenues et renforcées dans leurs efforts afin d’optimiser la prise en charge de leurs hémophiles.
En 2006-2007, plusieurs nouveaux partenariats ont été initié : Alexandrie (Égypte)–Knoxville (É.-U.), Rawalpindi (Pakistan)–Canterbury (Royaume-Uni), Oran/ Sidi Bel Abbes (Algérie)–Strasbourg (France), Asmara (Érythrée)–Zurich (Suisse), Tunis (Tunisie)–Toulouse (France), San Salvador (Chili)–Valence (Espagne), Dharwad (Inde)–Détroit (É.-U.), Colombo (Sri Lanka)–Vellore (Inde), Thaïlande–Australie, Arménie–Royaume-Uni.
- Que font les jumelages existants ?
1) l'Association Autrichienne pour l’Hémophilie a invité chaque année dans ses camps un enfant roumain et son accompagnateur ;
2) les deux partenaires ont organisé à Timisoara le Congrès de l'European Haemophilia Consortium (EHC)
le Ministre autrichien de la Santé publique a participé à ce Congrès et a rencontré son homologue roumain. De tels événements sont très utiles pour entreprendre des démarches auprès des hommes politiques afin de résoudre le problème du manque d'approvisionnement en médicaments anti-hémophiliques.
1) des visites réciproques en vue d'échanges d'expériences sous forme d'entretiens et de conférences ;
2) l'Association Danoise des hémophiles a collaboré par des conseils aux hémophiles et à leur famille lors de l'organisation de 4 camps d'été ;
3) des médecins, des laborantins et des physiothérapeutes ont pu bénéficier d’une formation continue dans le domaine de l'hémophilie .
Un jumelage entre l’Association Suisse des Hémophiles (A.S.H.) et l’Association Libanaise des Hémophiles (A.L.H.) est en cours depuis mai 2002 . En savoir plus .....
Pourquoi ce jumelage avec la région oranaise de l’Algérie ?
Quelle émotion quand, un après-midi de septembre 2005, près d’un demi-siècle après, j’ai senti l’air de mon enfance lors de mon arrivée à l’aéroport d’Oran es Sénia.
L’ Algérie est le dixième pays du monde par sa superficie (2,3 millions de km 2), et le plus grand pays du continent africain après le Soudan et dont les quatre cinquièmes sont occupés par le Sahara .Elle est peuplée de quelque 30 millions d'habitants (dont 39% ont moins de 15 ans).
Depuis son indépendance, l’Algérie a subi de profonds changements économiques. En 1962, l’économie reposait essentiellement sur l’agriculture. Depuis, l’économie s’est orientée vers l’industrie, notamment vers l’extraction et la transformation du pétrole et du gaz. L’Algérie est devenue l’un des principaux producteurs de pétrole et de gaz d’Afrique et est membre de l’OPEP (Organisation des pays exportateurs de pétrole).
L'Algérie a retrouvé une place sur la scène internationale et promeut actuellement un rapprochement avec la Francophonie.
En 1974, fut instauré en Algérie un système de santé gratuit de manière à rendre soins hospitaliers, médicaments et consultations accessibles à tous. Dix ans plus tard, le gouvernement a mis sur pied un nouveau système mettant l’accent sur les soins préventifs. Toutefois, en raison des événements internes et des problèmes économiques qu’a connus le pays, le secteur médical ne peut faire face à tous les besoins. Les habitants des régions rurales ont difficilement accès aux soins, et dans les villes l’attente est parfois longue avant de pouvoir se faire soigner.
14 millions d’Algériens sont actuellement atteints de maladies chroniques, soit 38% de la population touchée par diverses pathologies (hypertension artérielle, cancer, hépatite, insuffisance rénale, Sida, asthme, hémophilie). Ces malades chroniques restent préoccupés par la persistance de pénurie et de rupture d‘approvisionnement de médicaments indispensables au niveau des hôpitaux rendant la prise en charge médicale et psychologique difficile ( La Tribune, 02/04/2008).
